Pendant les premiers kilomètres de la SaintExpress 2025, il suffisait de prendre un peu de hauteur pour voir le défilé : un ruban de frontales qui serpentait dans les monts du Lyonnais, en pleine nuit. Ce soir-là, je regardais surtout le dénivelé positif. C’est le négatif qui m’a rattrapé.
Voici le parcours 2026 de la SaintéLyon découpé en six tronçons, de Saint-Étienne à la Halle Tony-Garnier, d’après la trace officielle publiée fin octobre : distance, dénivelé, ravitaillements et barrières horaires. Et ce qu’aucune fiche de course ne te dira : où ça pique vraiment, et ce qui change par rapport à 2025.
En bref
- 80 km, 2 500 m de D+ annoncés et environ 2 800 m de D- sur la trace officielle : on part d’environ 490 m d’altitude à Saint-Étienne pour arriver vers 170 m à Lyon.
- 70 % de chemins, 30 % de bitume, selon le communiqué de l’organisation.
- 5 ravitaillements : Saint-Christo-en-Jarez, Sainte-Catherine, Le Camp – Saint-Genou (liquide uniquement), Soucieu-en-Jarrest et Chaponost.
- Le point culminant : 925 m vers le km 42, avec le retour du Signal de Saint-André.
- Le vrai piège : à partir de Sainte-Catherine, le parcours perd plus de 500 m d’altitude, mais cumule près de 1 800 m de D-.
- Les autres formats partent en cours de route : la SaintExpress à Sainte-Catherine, la SaintéSprint à Soucieu, la SaintéTic à Chaponost.
- Départ le samedi 28 novembre 2026 à 23h30, arrivée à la Halle Tony-Garnier.
Le parcours de la SaintéLyon en un coup d’œil
| Tronçon | Km | D+ | D- | Niveau | Barrière 2026 |
|---|---|---|---|---|---|
| 1. Saint-Étienne → Saint-Christo-en-Jarez | 0 → 17,1 | 590 m | 330 m | Difficile | 4h00 |
| 2. Saint-Christo → Sainte-Catherine | 17,1 → 32,0 | 620 m | 680 m | Difficile | 7h00 |
| 3. Sainte-Catherine → Le Camp – Saint-Genou | 32,0 → 45,9 | 500 m | 580 m | Difficile | 9h30 |
| 4. Saint-Genou → Soucieu-en-Jarrest | 45,9 → 60,2 | 360 m | 620 m | Difficile | 12h00 |
| 5. Soucieu → Chaponost | 60,2 → 66,6 | 100 m | 160 m | Facile | 13h30 |
| 6. Chaponost → Lyon | 66,6 → 80,6 | 300 m | 430 m | Modéré | 16h30 (arrivée) |
Distances et dénivelés calculés sur la trace GPX officielle 2026, arrondis à 10 m : ils totalisent 2 470 m de D+, proches des 2 500 m annoncés. Barrières relevées sur la même page, en heures de passage dans la nuit de samedi à dimanche. Dernière vérification : 30 octobre 2026.

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1. Saint-Étienne → Saint-Christo-en-Jarez
17,1 km · +590 m / −330 m · d’environ 490 m à 759 m d’altitude
Ce tronçon contient la plus grosse montée continue du parcours. Après une première bosse à 630 m, le tracé redescend à 470 m vers le km 9, puis remonte à 800 m au km 14, juste avant Valfleury : 330 mètres en moins de 5 kilomètres, l’une des nouveautés annoncées pour 2026. Saint-Christo-en-Jarez arrive au km 17, à 759 m. Les coureurs s’élancent par vagues, de 23h30 à 00h30, et la barrière de Saint-Christo tombe à 4h00 du matin.
Je n’ai pas couru cette partie, je ne vais donc pas te la raconter. Les chiffres suffisent à dire l’essentiel : c’est une longue mise en route en montée, de nuit, au milieu de milliers de coureurs, avec encore plus de 60 kilomètres devant toi.
Le conseil
Ne te laisse pas embarquer par la masse. Marche dès que la pente se raidit, même si tout le monde court autour de toi : c’est le tronçon où l’on peut perdre sa course sans s’en rendre compte. Et vérifie avant le départ que l’autonomie de ta frontale couvre toute la nuit.
2. Saint-Christo-en-Jarez → Sainte-Catherine
14,9 km · +620 m / −680 m · de 759 m à 693 m d’altitude
Après le premier ravitaillement de Saint-Christo-en-Jarez, le tracé file vers Sainte-Catherine en restant en altitude, sur ces crêtes des monts du Lyonnais que l’organisation met en avant. C’est le tronçon le plus cassant du parcours et celui qui descend le plus : 1 300 mètres de dénivelé cumulé, montée et descente confondues, en moins de 15 kilomètres. Le tracé monte à 886 m vers le km 23, retombe à 683 m au km 26, remonte à 818 m, puis plonge sur Sainte-Catherine et son ravitaillement, à 693 m, barrière à 7h00.
C’est aussi l’une des portions les plus hautes et les plus exposées du parcours, au cœur de la nuit, là où le froid de fin novembre risque de se faire le plus sentir. Sainte-Catherine marque un cap : tu y as couvert 32 km, et c’est là que la SaintExpress prend son départ.
Le conseil
Mange dès Saint-Christo, même sans faim. En 2025, je n’avais avalé que deux compotes en 25 kilomètres, et je l’ai payé toute la seconde moitié de course. Au sommet, si le kit grand froid est activé, tu seras content de l’avoir vraiment dans le sac.
3. Sainte-Catherine → Le Camp – Saint-Genou
13,9 km · +500 m / −580 m · de 693 m à 617 m d’altitude · départ de la SaintExpress · point culminant à 925 m
C’est ici que commence le parcours de la SaintExpress, et donc mon terrain. Départ à 23h00 depuis Sainte-Catherine, après une longue attente de navette et trois quarts d’heure de bus depuis Lyon, avec un DJ pour réchauffer l’ambiance.
En 2026, ce tronçon gagne près de 3 kilomètres et le point culminant de la course. Sur la SaintéLyon, le retour du Signal de Saint-André fait grimper le tracé à 925 m vers le km 42, avant une descente d’environ 350 mètres en un peu plus de 4 kilomètres, vers la fin de laquelle se trouve le ravitaillement du Camp – Saint-Genou, liquide uniquement. La SaintExpress, elle, coupe ce détour : sa trace plafonne à 862 m.
En 2025, tout allait bien sur ce tronçon. Je marchais les montées les plus raides, je courais les plus roulantes, et je dévalais les descentes un peu trop vite. Chaque village traversé était rempli de spectateurs, et dès qu’on prenait de la hauteur, le défilé des frontales apparaissait dans les monts du Lyonnais. Ces premiers kilomètres restent mon plus beau souvenir de la course.
Le conseil
Si tu cours la SaintExpress, pars tôt vers les navettes : la file d’attente est longue, et chaque minute debout dans le froid se paie. Sur la SaintéLyon, garde en tête que ce tronçon usant arrive après 32 kilomètres, et prévois de quoi manger jusqu’à Soucieu : tu ne trouveras que de la boisson à Saint-Genou. Ne dévale pas ces descentes comme je l’ai fait : le tronçon suivant te le fera regretter.
4. Le Camp – Saint-Genou → Soucieu-en-Jarrest
14,3 km · +360 m / −620 m · de 617 m à 364 m d’altitude · départ de la SaintéSprint
Ici, le parcours descend bien plus qu’il ne monte : 620 mètres de dénivelé négatif pour 360 de positif, pour passer de 617 m au Camp – Saint-Genou à 364 m à Soucieu-en-Jarrest, où la barrière tombe à 12h00. Il est moins cassant au kilomètre que les deux précédents, mais tu l’abordes avec 46 kilomètres dans les jambes sur la SaintéLyon.
Sur cette portion, en 2025, ma course a basculé. Vers le 15e kilomètre de la SaintExpress, j’ai cru avoir des cailloux dans les chaussures : c’étaient des ampoules. En quelques kilomètres de descente, les douleurs se sont étendues aux cuisses, et je suis arrivé au ravitaillement de Soucieu, le 25e kilomètre de ma course, en m’accrochant à la foulée de l’ami avec qui je courais. J’y ai avalé tout ce que je trouvais pour rattraper mon retard. Mauvaise idée.
Le conseil
Ce tronçon se prépare des semaines avant la course, pas le jour J : c’est exactement pour lui qu’il faut travailler les descentes à l’entraînement. Et au ravito de Soucieu, mange normalement plutôt que de te rattraper d’un coup : ton estomac a encore 20 kilomètres à digérer.
5. Soucieu-en-Jarrest → Chaponost
6,4 km · +100 m / −160 m · de 364 m à 308 m d’altitude · départ de la SaintéTic
Sur le papier, c’est le tronçon le plus facile du parcours : moins de 7 kilomètres et à peine 160 mètres de dénivelé négatif, jusqu’au dernier ravitaillement de Chaponost, barrière à 13h30. C’est aussi là que partent les coureurs de la SaintéTic.
Pour moi, il n’a rien eu de facile. Après m’être gavé au ravitaillement de Soucieu, les ballonnements m’ont forcé à marcher, et je n’ai quasiment plus couru jusqu’à l’arrivée. Mes objectifs de temps sont tombés à l’eau sur cette portion roulante que j’aurais dû avaler sans y penser.
Le conseil
Le tronçon « facile » est celui où tu paies les erreurs du début : nutrition, allure, chaussures. Si tu arrives à Chaponost en courant encore, ta course est bien gérée.
6. Chaponost → Lyon (Halle Tony-Garnier)
14,1 km · +300 m / −430 m · de 308 m à environ 170 m d’altitude · arrivée
Le dernier tronçon descend vers Lyon et traverse l’agglomération jusqu’à la Halle Tony-Garnier. Il reste encore 300 mètres de D+ à grimper sur ces 14 kilomètres, de quoi surprendre des jambes qui pensaient en avoir fini avec les montées.
J’y ai avancé pas après pas, jusqu’à l’entrée dans Lyon, où le premier de la SaintéLyon m’a dépassé : 35 kilomètres de plus que moi dans les jambes, et une allure d’un autre monde. J’ai attendu le dernier kilomètre pour me remettre à courir, et j’ai franchi la ligne après 6 h 01 min 14 s. Allongé par terre dans la Halle, je me suis endormi en quelques secondes. Le récit complet de cette nuit est dans mon récit de la SaintExpress 2025.
Le conseil
Garde de quoi relancer sur ce tronçon : l’arrivée en ville donne envie de lâcher, alors qu’il reste encore une heure ou plus de course pour beaucoup de coureurs. Recourir le dernier kilomètre, même doucement, change la façon dont tu te souviendras de ta course.
Parcours SaintéLyon 2026 : ce qui change (et pourquoi le tracé bouge chaque année)
La SaintéLyon garde son esprit d’origine, une traversée de nuit de Saint-Étienne à Lyon, mais l’organisation le dit elle-même : c’est « un parcours qui change chaque année ». Pour 2026, elle annonce 40 % de tracé différent de 2025 et 7 kilomètres de chemins inédits, avec une montée vers Valfleury et le retour du Signal de Saint-André. Différent ne veut pas dire inédit : une partie de ces changements reprend d’anciennes portions.
La trace officielle garde les mêmes villages, dans le même ordre, mais pas aux mêmes kilomètres :
- Saint-Christo-en-Jarez : km 17,1 (contre 19,2 en 2025), barrière à 4h00 (contre 4h30)
- Sainte-Catherine : km 32,0 (contre 34,0), barrière à 7h00
- Le Camp – Saint-Genou : km 45,9 (contre 45,0), barrière à 9h30
- Soucieu-en-Jarrest : km 60,2 (contre 58,8), barrière à 12h00 (contre 12h15)
- Chaponost : km 66,6 (contre 65,4), barrière à 13h30
- Lyon : km 80,6 (contre 79,6), arrivée à 16h30
Le changement le plus net se joue entre Sainte-Catherine et Saint-Genou, qui passe de 11 à 14 kilomètres. Deux barrières sont aussi avancées : celle de Saint-Christo de 30 minutes, celle de Soucieu de 15 minutes.
Ne retiens pas pour autant « 540 mètres de D+ en plus ». Les 2 500 m de 2026 sont une valeur annoncée et cohérente avec le cumul brut de la trace, alors que les 1 963 m de 2025 viennent du chronométrage officiel, peut-être mesurés autrement : en filtrant les variations de moins de 10 mètres, la trace 2026 tombe elle aussi autour de 1 970 m. Compare plutôt la forme du profil que le total.
Dernier point à vérifier avant la course : le règlement fixe l’arrivée à 16h30 et la page de la SaintéLyon à 16h00, avec un km 82 qui ne correspond pas à la trace.
La course elle-même a une longue histoire derrière elle. Créée en 1952, elle part aujourd’hui de Saint-Étienne en pleine nuit et arrive depuis 2015 à la Halle Tony-Garnier, qui accueillait 20 000 inscrits pour la 70e édition en 2024.
Météo et état du terrain fin novembre
Sur la SaintéLyon, la météo change la nature même du parcours. Avec 30 % de bitume et des chemins de campagne, une nuit de gel transforme certaines portions en patinoire, et une nuit de pluie noie les sentiers dans la boue. Plusieurs éditions sont restées dans les mémoires : la neige en 1990, la neige et le verglas en 2010, et une édition 2018 particulièrement boueuse, sur un tracé de 81 km.
À l’inverse, la nuit de 2025 était clémente : je suis parti en short, avec un manches longues thermique sous mon t-shirt, et je n’ai pas eu froid une fois lancé. Tu ne sauras quelle SaintéLyon t’attend que dans les derniers jours, en suivant la météo sur l’axe Saint-Étienne – Lyon. J’explique comment t’habiller selon la météo dans un article dédié. Prépare le kit grand froid du matériel obligatoire quoi qu’il arrive : l’organisation peut l’activer.
FAQ — Questions fréquentes
En 2026, l’organisation annonce 80 km et 2 500 m de dénivelé positif. La trace officielle mesure 80,6 km, pour environ 2 800 m de dénivelé négatif. En 2025, le chronométrage officiel donnait 79,6 km et 1 963 m de D+, un chiffre qui n’est pas forcément mesuré de la même façon.
La SaintéLyon compte cinq ravitaillements en 2026 : Saint-Christo-en-Jarez (km 17), Sainte-Catherine (km 32), Le Camp – Saint-Genou (km 46), Soucieu-en-Jarrest (km 60) et Chaponost (km 67). Celui du Camp – Saint-Genou est liquide uniquement. Sur les autres, on trouve du gruyère, des gâteaux secs sucrés et salés, des oranges, des bananes et du chocolat, avec de l’eau, de l’eau pétillante et du coca.
La SaintExpress part de Sainte-Catherine, le deuxième ravitaillement de la SaintéLyon, à 23h00. Elle suit ensuite le même tracé jusqu’à Lyon, à une exception près : elle ne monte pas au Signal de Saint-André. En 2026, elle affiche 46 km et 1 200 m de D+ annoncés, pour environ 1 700 m de D- sur la trace. La SaintéSprint part de Soucieu-en-Jarrest et la SaintéTic de Chaponost, chacune avec quelques kilomètres propres avant de rejoindre le tracé.
En 2026, trois passages se détachent. La montée vers Valfleury, avec 330 m de D+ en moins de 5 km. Les crêtes entre Saint-Christo et Saint-Genou, le passage le plus cassant, avec le Signal de Saint-André à 925 m. Et la descente vers Soucieu-en-Jarrest, 620 m de D- alors que les jambes ont déjà 46 km derrière elles. C’est sur cette portion que ma SaintExpress 2025 a basculé.
Sur la page de chaque épreuve du site officiel de la SaintéLyon. Les traces de l’édition 2026 y sont en ligne depuis fin octobre.
En résumé
- Le parcours 2026 de la SaintéLyon descend plus qu’il ne monte : 2 500 m de D+ annoncés pour environ 2 800 m de D- sur la trace.
- Trois passages décident de ta course : la montée vers Valfleury, les crêtes jusqu’au Signal de Saint-André, et la descente vers Soucieu, avec 46 km dans les jambes.
- Le tronçon « facile » de Chaponost est celui où tu paies tes erreurs de nutrition.
- Le tracé 2026 change à 40 % par rapport à 2025 : mêmes villages, mais pas aux mêmes kilomètres, et une barrière avancée de 30 minutes à Saint-Christo.
Le parcours en tête, reste à préparer le reste : l’entraînement pour la SaintéLyon, puis le matériel obligatoire à glisser dans ton sac. Pour la tenue, vois comment t’équiper selon la météo. Et si tu vises la SaintéTic ou la SaintéSprint comme première course de nuit sans grande expérience du trail, commence par débuter le trail.
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